juillet 4, 2007...11:43

Pourquoi Tom Cruise (1)

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C’est comme l’infini, c’est toujours la même chose

Je photographiais ma bite avec mon téléphone, Kelly jouait avec son double dong noir the snake flesh. Longs cheveux bruns, ongles rouges, plan sur Saddam Hussein quelques minutes avant sa pendaison : Allah est grand, vive la nation glorieuse et à mort ses ennemis, clame-t-il. On sort dîner, je m’évanouis dans l’ascenseur. À Helsinki, Marija Šerifović remportait le cinquante-deuxième concours Eurovision de la chanson avec Molitva (prière). À Ankara, une bombe causait la mort de soixante-dix personnes. Densité des images, diffraction des corps, la mer se brisait sur un miroir. Tu devrais faire des analyses me dit Kelly. Le taxi nous dépose rue Saint-Honoré, réservation à l’hôtel Costes au nom de Thomas Croisière. Repas léger, on boit un verre au Queen, une star du porno fête son anniversaire, tout semble converger vers un point explosif. Le lendemain, ennui mortel. J’avais baissé les stores, je m’arrachais les ongles des pieds. À Beverly Hills, Tom Cruise achetait une villa de 1300 mètres carrés. Nous sommes très heureux, c’est tellement incroyable ! déclarait Katie Holmes. Kelly portait un tee-shirt Luella Bartley pour O’Neill, gros cœur rouge, checke ses mails. Il faut que j’aille à Milan me dit-elle, voix douce, je suis sur le balcon. Convoi de CRS, vol stationnaire d’un hélicoptère EC145 à la verticale du Conseil économique et social, on se retrouve après la pub. Condy met la pression sur le Hamas, on essaye un nouveau Japonais. Pendant tout le repas, écho d’un sonar dans la tête, nous rentrons, vidéo sur Youtube. Quand le coach sportif arrive, il porte une veste Adidas vintage couleur vert pomme. Diodes du cardio trainer, je compte les kilomètres, elle parle au téléphone. Sa mère veut adopter un noir. Je prends une douche, on va chez elle, j’ai pissé dans sa bouche. Corps légers, lames dans le bide, je descends chez l’Arabe. Dans l’ascenseur, le corps de l’écrivain, surentraîné, le livre à venir, Pourquoi Tom Cruise. J’élaborais des plans, définissais des objectifs, une atmosphère guerrière, la maîtrise du calendrier. L’espace autour de moi avait tendance à fuir, localiser les caméras était devenu un réflexe, je consens à l’illusion pourvu qu’elle puisse se répéter. Come again. Boucles séries multiples répliques cérémonies. Quantité de force accumulée, produire de l’accélération. Mais aussi : courir à poil dans les rues avec mes Adidas, si tu veux une image tu penses à un roller coaster mais j’ai brisé la boucle, vacarme, métamorphose, j’achète une bouteille d’Absolute, je remonte, on se déchire la gueule. Le lendemain j’arrive haletant à Roissy, un avion pour Genève, aviron sur le lac. TurboSkiff blanc, glisse régulière, plus tard je regarde une artiste attaquer le sol d’une galerie d’art au marteau-piqueur, ça doit questionner quelque chose. Retour Paris, récit prompteur, une prose laconique et rythmée. Je m’arrête chez Colette. Karl Lagerfeld dans la boutique, il est filmé, j’achète des chemises. Je rentre à l’appartement je me jette contre un mur, un texto de Kelly (je t’aime), vidéo X sur le PC. La fille se fait démolir le trou du cul de façon vraiment sauvage par un étalon plutôt bien membré. Je mange des kiwis, je bois des verres de vodka. Le Bukkake ou douche de sperme est le plus célèbre des fétichismes pornographiques, il consiste en l’éjaculation d’un maximum d’hommes sur le visage d’une femme, quelque chose de vraiment signifiant. Le Gokkun est une version du Bukkake dans laquelle la femme ingère le sperme, j’avale des somnifères, escalier en spirale. Saddam pendu à l’aube, montée d’adrénaline. Quel plaisir trouvez-vous dans la violence ? Le sang éveille le monde et l’aventure commence, nouvelle saison, la traverser en acte. Je porte une paire de dim up, une perruque blonde, elle me demande de la fesser. L’ancien Raïs refuse la cagoule que lui tendent les hommes chargés de son exécution, des policiers le font monter à la potence, lui passent la corde autour du cou. Elle a hurlé mon nom, je suis allé chez la psy. J’ai imaginé que je faisais trois séries de cinquante abdominaux, je me suis évanoui. Elle prend du speed, déjeune avec Victoire, appelle sa mère, se fait épiler masser coiffer gommer, tout ça s’enchaîne inexorablement, sans crise, avec méthode, la France s’agite, des milliers d’électeurs brandissent des drapeaux bleu blanc rouge, vertige, télévision, personne n’a jamais fait le deuil des puissances supérieures, personne n’a jamais renoncé à la révélation ni à la vérité, c’est ainsi, une attente imbécile que sous-tendent une extase ravissante, des émotions, l’instinct du rythme. Il faut que chaque chose me caresse, se plie à mon désir, jusqu’à la nuit, je prends un taxi. Ice bar boulevard de la chapelle, soumise fistée au fetish club. Je rentre à l’aube, perte d’équilibre sur le palier, on passe une semaine à Bonaire. À Kalendjik on a loué une bagnole, roulé vers l’est, Sorobon beach, une villa sur la plage. Ciel bleu, corps nus sur les pontons, plongées de surface dans la baie. Nos deux tubas, rhum et jogging, pirogue dans les mangroves, retour Paris. Du Stilnox pour l’avion, de la strychnine pour le suicide. Quand on est arrivés à Roissy je portais un tee-shirt Edc (Esprit), un jean H. Landers, une paire de Prada, ma clé dans la serrure. Ouvrir les fenêtres, allumer les écrans. Elle prend une douche. T’aimerais écrire comme Olivier Cadiot ? me demande-t-elle en s’essuyant les cheveux. Je me jouis dans la gueule, caresse le clavier du PC, pose cinq cents signes ça va très vite. Sur le plasma, le corps de Saddam à demi enveloppé (linceul blanc), cou désarticulé. Le lendemain je soulève mon tee-shirt : regarde, j’ai le nombril qu’est pas dans l’axe. Tu es sûr ? La voix de Saddam Hussein : il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammed est son prophète, la trappe s’ouvre, je suis allé sur le balcon, rediffusion, pendu à l’aube, elle courait sur la plage. Palmiers pontons pirogues, toits rouges des bungalows, ciel bleu, massages, vacarme de métal, les bottes noires de ma psy. Ses jambes croisées. Kelly sort avec un œuf vibrant dans le vagin, slalom géant, dîner au Costes. Rigatoni à la crème de foie gras et copeaux de truffes noires, serveuses bombasses super hot, elle me tend un paquet. Pendentif tête de mort. Tu aimes ? La vie est une fête. Tu prends un dessert ? On a bu des cafés, des gangs dévalisaient des magasins Foot Lookers. En sortant du resto, Kate Moss sniffait de la coke. Le lendemain, Kelly repart. Londres, le One Aldwych, des lofts à visiter. Elle écoutait Philippe Katerine au bord de la piscine, se prenait en photo, m’envoyait les fichiers. J’étais chez moi, je dansais, bras levés, diagonales, mon souffle, pieds nus sur le plancher, toute la force de vivre, exposé à l’excès, des images muettes sur le plasma. Une main soulève le drap qui couvre le corps de Saddam, le cou tordu du supplicié, une trace de sang sur sa joue gauche, mes nouvelles lunettes Dior. Nuit au Baron, révolution sur un tee-shirt. La LCR : nos vies valent mieux que vos profits, ça me rend hystérique, je vais à Berlin, hôtel Q, chambre blanche. L’ex-dictateur Saddam Hussein pendu à l’aube dans une caserne des renseignements militaires. Je descends au SPA, bain japonais, sauna, je bois un Perrier, peignoir blanc. Je feuillette Vanity Fair. Malgré les rumeurs, Tom Cruise et Katie Holmes sont toujours ensemble. Je plonge deux doigts dans le verre, mange la tranche de citron. Respiration de la fille qui me masse les cervicales. Murs rouges du salon-bar, lino et cuir d’autruche. Dîner Thaï. Des bombes éclatent dans mon sommeil. Le lendemain il fait beau, je bronze au Tiergarten, nu. Devant moi une femme blonde, cheveux courts, les éclats d’un piercing. Je rentre à l’hôtel, je dors trois heures. Je passe la nuit au Dark Side club, shibari show, je buvais des San Pellegrino, musique techno, chocs électriques, kits de dilatation d’urètre. Je suis sorti à l’aube, marché sous les tilleuls, l’avion en fin de journée, safety instructions. Je la retrouve à l’appart. Elle a ses règles, je me jette entre ses jambes. Pour la validité administrative de vos photos d’identité, merci d’avoir une expression neutre, le sang sur la gueule c’est pas autorisé, faut vous laver monsieur, les lavabos c’est par ici, le beau langage, les robinets, j’y retourne, né mâle et célibataire dès mon plus jeune âge dis-je à l’agent de l’administration, je possède un PC Sony ultra portable et je sais m’en servir, le lit dans la lumière. Tu veux bien éteindre ? Je la prends dans mes bras, on regarde 24 heures chrono. Le lendemain je faisais des abdos, la voix du coach rythmait les séries. Sur le plasma : massacre à l’université de Virginie. Cho Seung-Hui abat trente-deux personnes avant de se donner la mort, une demi-heure de vélo, je prends une douche, jour J-4 avant les élections, derniers sondages, je relis mes notes. Kelly m’appelle, veut qu’on dorme à l’hôtel. Je suis assis par terre, le PC devant moi, sentiment de puissance, je passe ma langue sur mes canines. Tom Cruise est né le 3 juillet 1962 à Syracuse, état de New York. Une jeune actrice de films X choisi le pseudo Katee Holmes pour lancer sa carrière, Katie Holmes porte plainte, je retrouve Kelly au Pershing Hall rue Pierre Charron. Chambre claire. Je porte un pantalon Thierry Mugler, une veste et un tee-shirt noirs. C’est ton nouveau portable ? J’allume la télé, elle fait couler un bain. Je meurs comme Jésus-Christ, dit Cho Seung-Hui. Sa vidéo sur NBC, enregistrée avant les meurtres. Vous savez ce que c’est que d’être humilié et empalé sur la croix ? On le voit brandir deux flingues, je zappe, un monstre bave, des éléphants barrissent, un joueur de tennis frappe dans une balle, service, voiture piégée et fonte des neiges. Je saisis la bouteille d’Absolute, mouvement des glaçons dans le sceau en inox. Il y eut un soir. Tu veux manger quelque chose ? Elle n’a pas faim. Je prends une pièce de deux euros. Si c’est face je te tue, pile je te joue un air de guitare ok ? Je lance la pièce, elle la rattrape au vol, j’appelle le room-service, commande une bouteille d’Absolute. Mais cette bouteille elle est déjà là, non ? Le lendemain elle prenait un avion, life vest under your seat. Je suis rentré, me suis jeté sur des journaux en flammes, dieu vit que la lumière était bonne. À part ça, qu’est-ce qui change ? Je reçois un texto de Kelly. C’était face, écrit-elle. Prouve-le. Les fenêtres sont ouvertes, temps sec et chaud, Paris résonne de bruits clairs, je checke mes mails. Vernissages et Viagra, lowest price guarantee, fast delivery and press the enter key. Corridas sur youtube. Coups de cornes dans le caparaçon d’un cheval soulevé de terre, Kelly m’appelle : on fait quelque chose ce week-end ? Le picador plante l’aiguillon, faut que j’achète de l’Upfen, quatrième mise à mort et je vais chez la psy. Bottes noires. On se revoit la semaine prochaine ? Je traverse la cour. Je porte des tongs Vuitton (arrête avec les marques), un pantalon de coton blanc Marcs Jacobs, un tee-shirt Holiday in Irak, une paire de lunettes Ralph Lauren hot pink. C’est vrai que tu ressembles à Tom Cruise me dit Victoire, on boit un verre au bar de l’hôtel Murano, palace urbain, Kelly dans l’Eurostar, un système de lecture. Victoire s’agite. Un équipe de télé interviewe Sébastien Cauet. L’animateur préféré des moins de 25 ans réunit en moyenne deux millions de téléspectateurs, talk show, Victoire répond au téléphone. Allô ? Quelqu’un parle de garanties, une blonde sculpturale se hisse sur un tabouret, lestée de son désir. Que deviendrait une société qui renoncerait à se distancer ? C’est Roland Barthes qui pose la question, on est en 1974, je fis tinter les glaçons dans mon verre. Tu reprends quelque chose ? je demande à Victoire, elle fait non de la tête, je fais signe à un serveur, double scotch, des casinos dans le désert. Quand j’arrive chez Kelly on regarde Columbo. Peter Falk est au bord d’une piscine, plan de coupe sur le visage du meurtrier, elle passe des robes. Tu aimes ? Tu aimes ? Tu aimes ? Tu aimes ? Oui oui oui non. Columbia se désintègre et Challenger explose et Discovery décolle, n’aie pas peur elle disait à Bonaire, avant de sombrer, sommeil. Le lendemain elle courait sur la plage, faisait une heure de planche, m’appelait. J’étais au Plaza resort et au Happy holiday et au Resort Harbour, je nageais dans les piscines. Un jour elle me dit : ça raconte quoi ce que tu écris ? J’ai juté dans sa bouche, c’était easy et cool, je suis allé pisser. Je mangeais des glaces au lait d’amande, feuilletais des magazines de mode. Peaux blanches, seins roses, sexes lisse, couronnes de fleurs sur cheveux blonds. De temps en temps, cahier métisse. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? Une pipe au caviar. Des motards de l’escorte présidentielle bloquent le carrefour Palais-Royal, je suis dans un taxi, il se met à pleuvoir. Ambiance ? Délires de fans, jeux de rôles, circulation d’images. Tout devenait plus jeune. Même les romans ? Sauf les romans. Et alors ? Attache-moi. Bondage serré, menottes. Surtout n’éteins pas la télé, des soins pour les pays pauvres, go down and suck me. J’étais sur LCI, remettre la France en marche, l’ordre juste, une société de droits, Kelly se douchait, et de devoirs, le changement a besoin de vous et sortir de la crise. Tu les trouves jolies mes fesses ? Oui, très. Et mes seins tu les aimes ? Oui. Et ma chatte tu l’aimes ? Bon ça va, détache-moi. On a passé une semaine enfermés chez moi, elle a mis Sonic Youth, j’ai dit on va brûler l’appart, la magie n’opère plus. Je suis tombé à genoux, je pleurais, elle m’a prise dans ses bras. Je rêvais d’un cube blanc, piscine, maison californienne et lumière aveuglante. Elle me pissait dessus, me mettait des baffes. Rampe mon cœur, bouffe ma chatte ! Je nettoyais son cul avec ma langue, je me suis évanoui. Ça va mieux ? Sa voix grave. Le suspect est hors d’état de nuire dit Jack Bauer, parce que je zappe. On a pris un avion, préparez-vous au décollage, un gîte d’amazonie, Guyanne, une expérience unique, circuit individuel sur mesure, parcours du fleuve en pirogue, passage de rapides et immersion totale dans la forêt. We handle you fly. Tourisme éthique, pédagogie environnementale. Kelly : j’ai oublié mon plug. Soixante-six mille occurrences pour dildoe sur Google, la nature c’est tendance, on se fait quand même bien chier, plus jamais ça, faut rentrer mon amour. Cliquetis de la ceinture que l’hôtesse ouvre et referme avant le décollage, elle écoute son iPod, on avale deux stilnox. À mon réveil : voisin hilare, personnel fatigué, du monde devant les chiottes. Je bois un café, elle m’embrasse, va faire pipi. Le chef de cabine : préparez-vous pour l’atterrissage. Le programme ? Faire des abdos, bronzer, nouveau tatouage. Massages chez Szen, contemplation de ma queue. Écrire ? Oui mais vite, qu’on passe à autre chose.

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